Du spectacle, un vrai match de Coupe d'Europe, fair-play, des buts, des retournements de situation, une pléïade de stars respectueuses entre elles et quelques gestes techniques. Que demander de mieux d'un oeil telespectateur ? Pas grand chose. En revanche, notre équipe a clairement montré une fois de plus sa défaillance lors du dernier quart d'heure au niveau physique, ce qui a occasionné des trombes d'occasions Mancuniennes en fin de match, ainsi qu'un jeu de passe très limité de notre côté. L'entame de match a également été molassonne, Manchester n'ayant qu'à cueillir la balle dans sa moitié de terrain pour venir apporter le danger devant les buts de Dida. Encore trop fébrile. Coupable de ne pas être sorti sur le premier but, auteur d'une parade trop molle sur le deuxième, et à vous de juger sur le troisième, il ne peut rien faire mais se trouve néanmoins loin du poteau à couvrir.
Ancelotti n'aime pas le changement. Sauf pour le point sensible : La pointe. Inzaghi n'est pas titularisé, c'est Gilardino qui assure le point de fixation pour Kakà et Seedorf. Derrière, la brochette de récupérateurs habituels : Gattuso, Pirlo et Ambrosini. Nesta et Maldini gardent l'axe tandis que les ailes sont occupées par Oddo et Jankulovski.
Comme l'annonçait l'introduction de cette chronique, le physique est juste, très juste. Le panache qui aurait permis d'inscrire le but du 3-1, occasionné à plusieurs reprises, était absent. Au final, Manchester aura marqué lors des deux périodes où ses joueurs auront dominé assez largement le débat physique, c'est à dire lors du premier quart d'heure et dans les 30 dernières minutes, où les Mancuniens ont obtenu jusqu'à 77% de possession de balle. Un Rooney exceptionnel (Doublé pour lui) et une bourde de Dida (En début de match) auront eu raison de la sûreté défensive de Nesta et Maldini (Remplacé à la pause par Bonera). Côté offensif, on se demande encore si Gilardino n'a pas été oublié à l'aéroport de Manchester. Son bilan personnel sur plus de 80 minutes de jeu est éloquent : 6 passes (Pas toutes réussies), 0 tirs. A contrario d'un Kakà étincelant après le 1-0 des locaux, que l'AC Milan peut remercier d'avoir en ses rangs. Pour Seedorf, il s'agit-là d'une partie au niveau mitigé, de même que pour Pirlo. Ambrosini, pas loin de rejoindre Gilardino au rang des absents, ne sera crédité que d'un tir de la tête en première période. Gattuso lui, devra sortir lors de l'autre partie du match, victime d'une blessure au pied engendrée lors d'un contact rude. Et c'est à partir de sa sortie que le Milan a commencé à subir l'impact physique de ses adversaires. La clé du match ? Fort possible, car Brocchi malgré tout son engagement, ne possède pas le charisme et la folie d'un Rino.
Derrière, la défense a fait son boulot. Rarement dépassée, parfois coupable de fautes honteuses à l'entrée de la surface de réparation, elle a tout de même réalisé un bon match, à l'image de Nesta qui a coupé court à toutes les tentatives de ses adversaires durant les 45 premières minutes. En effet, les joueurs de Manchester, durant ce laps de temps, n'ont eu aucune réelle occasion dangeureuse. Jankulovski et Oddo eux, ont été longtemps privés d'apport offensif, probablement une consigne de Carletto et pour cause, la vivacité de Cristiano Ronaldo et Ryan Giggs était bien présente, et dégarnir les ailes fut une folie.
Ce score de 3-2 en faveur du leader de la Premier League est donc logique tant la différence physique était nette, surtout dans les dernières minutes du match. Dida nous gratifie encore d'une bourde (Ou deux, c'est selon le point de vue), qui pourrait nous coûter cher au retour. Mais il n'y a même plus besoin de présenter l'AC Milan face à une difficulté, si grande soit-elle. Optimiste ou non, il faut tout de même se forcer à y croire. A un seul match d'Athènes. Comme il y a 13 ans ...
